Le slowplay
Le slowplay consiste à jouer faiblement une main pour
tromper les adversaires afin de leur sous-tirer plus de jetons lors des
mises suivantes. Le débutants ont la
fâcheuse tendance à slowplayer
trop de mains, ils ne parviennent pas à
évaluer le danger d'un slowplay et considèrent
qu'ils sont victimes de bad-beats quand par exemple leur adversaire
gagne avec une couleur au turn après avoir checké
le flop.
Il faut
respecter certaines règles pour slowplayer correctement et
sans dangers :
- Avoir une très forte main
- Relancer ferait fuire tout le
monde, et checker vous offrirait la possibilité de remporter
un pot plus gros.
- La carte gratuite que vous donnerez
en checkant a de fortes chances donner à votre adversaire la
seconde meilleure main.
- Cette carte gratuite a peu de
chance de donner la meilleure main à vos adversaire, par
exemple en compétant son tirage quinte ou couleur.
- Le pot ne doit pas
déjà être gros.
Exemple d'un
bon cas pour Slow-player
Vous avez QQ en
main, et le flop est le suivant :
Q de coeur, 7
de pic, 2 de trefle.
Vous avez le
brelan max. Si vous relancez, vous avez peu de chance d'être
suivi et vous ne rentabiliserez que faiblement votre forte main.
Or, si vous
checkez et que la turn est un Roi de coeur, vous avez toutes les
chances de créer de l'action
et de rentabiliser votre brelan :
- Un adversaire peut très
bien avoir touché la deuxième
meilleure main, avec As Roi par exemple.
- Un adversaire peut maintenant avoir
un tirage couleur ou un tirage quinte, et pourrait avoir envie de suivre
vos relances avec des côtes faible.
Exemple d'un
Slow-play trop dangereux
Slow-player ne
doit pas vous mettre dans de futures situations délicates.
Imaginons maintenant que vous avez 88, et que le flop soit le suivant :
8 de coeur , 9
de coeur et Roi de pic
Si vous
checkez, vous risquez :
- qu'un troisième coeur
tombe et offre une couleur à vos adversaires (
côtes de 1:5 )
- qu'une carte complète un
tirage quinte par les deux bouts ( d'un joueur ayant par exemple TJ,
côte 1:5,5 )
Au total, ce
n'est pas moins de 14 cartes parmi 47 ( 15 - 1 car le Roi de coeur vous
donnerait un full ) qui pourraient vous effrayer au turn, soit une sur
trois. Imaginez qu'après avoir checké le flop, un
troisième coeur arrive au turn. Vous relancez et votre
adversaire va à tapis. La décision de suivre est
alors extrèmement difficile et surtout très
risquée.
Quand le
slow-play est-il moins rentable ( sans être dangereux ) ?
Lorsque vous
touchez les nuts au flop et que la carte gratuite a peu de chance de
donner une deuxième meilleure main à votre
adversaire. Imaginons que vous ayiez AA et que le flop soit le suivant
: A99. Quelque soit le turn, tout joueur qui n'a pas un 9 ou un As sera
effrayé : si le turn est un roi et que votre adversaire en a
un, il resterait battu par un improbable 9 mais aussi par un plus
probable As. Dès lors, la meilleure chose que vous ayiez
à faire au flop est de relancer pour
accrocher un joueur qui ne pourrait se coucher ( le
joueur qui aurait un 9 voire un As ).
Même
chose lorsque vous avez la couleur max. Vous devez relancer activement
pour éviter qu'un joueur avec un couleur non-max ne puisse
s'en tirer à bon prix. Vous devez faire
grossir le pot pour que votre adversaire y laisse le maximum de ses
jetons.
En
slow-playant, vous n'obtiendrez pas d'avantage d'argent de la part de
joueur qui ne peuvent pas améliorer leur main de
façon conséquente pour vous relancer. Vous
n'obtiendrai pas non-plus autant de la part des joueurs qui ont une
main correcte et souhaitent aller au showdown pour le moins cher
possible.
Toutefois, si
votre adversaire est agressif, et que vous pensez qu'il pourrait
être tenté de vous bluffer, oubliez ces consignes.
Le blocking bet
Le "blocking bet" (mise bloquante ou de blocage si
on veut absolument le traduire) est une mise
modérée qui permet de rester dans un coup
à moindre prix. Il permet ainsi, quand le
move fonctionne, de voir une carte ou bien le shodown pour pas cher
tout en empêchant l'adversaire de bluffer le coup.
C'est donc un
coup de défense qui ne fera, la plupart du
temps, pas folder son adversaire.
Le blocking
bet peut être réalisé au
flop, au turn ou bien à la river. Il se fait exclusivement
oop (out of position).
Prenons
un exemple concret :
NL100$ table de
6 joueurs. Je suis au bb avec 8h9h (h= heart=coeur). Tout le monde
passe jusqu'au bouton qui relance de 4bb. C'est un joueur assez
aggressif préflop et il peut relancer au bouton avec
n'importe quelle main. Le sb passe. Je décide de suivre.
Pot : 4$ + 4$ +
0,50$ (sb) = 8,50$
Flop
: Th 2h 3s
Je suis 1er
à parlé. J'ai obtenu un tirage couleur mais je
sais que si je check, mon adversaire va me faire une ouverture de la
taille du pot ou presque, ce qui ne me donnerait pas les cotes pour
suivre.
Je
décide donc d'effectuer un "blocking bet".
Ainsi, si mon
adversaire a un as, il va probablement me relancer (le montant de sa
relance me dira si j'ai alors les cotes pour suivre ou pas). S'il n'a
pas amélioré sur ce flop, il va certainement
juste caller ne sachant pas avec quel type de main j'ai fait ce
mouvement (je ferais par exemple le même mouvement, parfois,
quand j'aurai touché mon set).
Je fais donc
une mise "into the raiser" (alors que je n'avait
pas l'initiative du coup) d'une valeur de 3$. Cela me permet
à la fois d'empécher mon adversaire de bluffer,
mais aussi de faire gonfler le pot dans le cas où mon tirage
rentre.
Mon adversaire
suit.
Pot : 8,50$ +
3$ + 3$ = 14,50$
Turn
: Jh
J'ai
trouvé ma couleur!!! Il me suffira juste de rentabiliser la
suite du coup le mieux possible contre un adversaire qui n'a pas grand
chose en main (probablement une petite paire ou AX). Le
blocking bet m'a permis ici de voir une carte pour le prix que j'ai
moi-même choisi.
Quelques précautions
sont tout de même à prendre avec ce genre de
manoeuvre.
Mon adversaire n'a pas pensé ici que je pouvais
être à tirage, c'est pourquoi il a joué
si passivement le flop. Attention tout de même : un joueur de
niveau correct peut voir venir le coup si vous effectuez une relance
trop faible. Il peut se demander pourquoi vous lui donnait les
côtes en relançant si peu, et si cela n'est pas
dans vos habitudes, il ne tombera pas dans le panneau. Beaucoup de
joueurs qui avaient l'initiative préflop relanceraient pour
se situer sur un tel move. C'est la raison pour laquelle il convient
d'effectuer ce petit bet également quand vous touchez un
monstre, pour induire vos adversaires en erreur. Faites le
même move avec un brelan floppé et vous serez
ravis de voir vos adversaires vous relancer. En
résumé, variez votre jeu pour
devenir le moins lisible possible. Cela permettra à vos
vrais blocking bet de passer plus souvent.
Le blocking
bet peut, on l'a vu, être utile pour obtenir des
cartes à moindre coût quand on est à
tirage. Il peut également servir à ralentir la
taille enchères, dans le cas où l'on a une main
moyenne, pour voir le shodown à frais réduits.
Exemple
:
Vous avez une
paire moyenne en main (pp8) sur un board assez menaçant du
type :
Ah 2h 6s Tc 6h
Vous pensez
cependant que votre main peut être bonne.
Vous avez
checké le flop, votre adversaire aussi.
Vous avez
misé 2/3 du pot au turn. Votre adversaire à
relancé de 3 fois votre mise. Vous avez suivi.
La river
complète les tirages à coeur et apporte un
deuxième 6.
Vous savez que
votre adversaire va effectuer une grose mise si vous checkez. Une mise
qui sera difficile à suivre avec une paire de 8. Mais vous
pensez avoir une bonne chance de gagner le coup et voulez aller au
shodown.
Vous
décidez donc d'effectuer un blocking bet
d'environ la moitié du pot pour éviter que votre
adversaire ne bluffe le coup. Ce blocking bet peut
en effet être considéré comme un "value
bet" (mise de valorisation d'une bonne main pour en tirer le
plus d'argent possible) d'un joueur qui a touché couleur ou
brelan de 6.
Votre
adversaire ne vous relancera alors la plupart du temps qu'avec un
monstre en main (couleur assez haute ou full).
Le reste du
temps, il callera ce qui vous aura permis de choisir
vous-même le coût du shodown.
Le
blocking bet permet ainsi de choisir soi-même le montant
à payer pour continuer le coup. C'est une arme utile mais il
convient de la masquer grâce à d'autres moves en
apparence similaires (le value bet par exemple).
Lire
les mains
Etre capable de
lire les mains de vos adversaires est une arme redoutable
au poker. En connaissant le jeu adverse, vous êtes en mesure
de
coucher vos main perdantes, même si celles-ci sont très
fortes dans l'absolu ( lay-down ). Vous êtes
également capable d'optimiser votre façon de
jouer vos mains gagnantes en optant pour une stratégie
adaptée à la main de l'adversaire. Vous perdez
donc moins et gagnez plus.
Pour pouvoir lire la main d'un adversaire,
vous devez avant tout connaître votre adversaire. Vous devez
avoir joué contre lui un certain temps pour avoir
remarqué la manière qu'il joue telle ou telle
situation. Par exemple, a-t-il pour habitude de relancer avec un tirage
? Se contente-t-il de "caller" avec un monstre comme KK ou AA avant le
flop ? etc...
Il faut aussi que l'adversaire soit un
joueur de poker relativement correct. En effet, pour parvenir
à lire sa main, votre adversaire doit obéir
à une certaine logique dans ses actions. Sans cela, vous ne
pouvait analyser rationnellement sa façon de jouer. On
rencontre ce problème en jouant face à des
débutants ou des pigeons.
Analyser une main en fonction de la
façon de jouer et de la nature du tableau
Si l'idéal serait d'avoir une
idée précise de la main de l'adversaire
dès le début du coup, en pratique, cela se passe
autrement. La plupart du temps, vous placerez votre adversaire sur un
certain panel de main qu'il vous faudra réduire au fur et
à mesure des dévoilements et des tours
d'enchères.
Une des
clé pour analyser la main de l'adversaire au poker est de mesurer
la cohérence de ses actions en fonctions du
déroulement du coup. Le comportement d'un
joueur après l'arrivée d'une "scary-card" sur le
tableau ( carte qui fait peur car elle complète par exemple
un tirage ) est souvent significatif.
Imaginons qu'un
adversaire vous relance préflop. Vous savez qu'il joue
serré, et vous le placez sur un panel de main forte : AA KK
AK AQ QQ JJ. Vous le callez.
Le flop arrive
: 5 8 9 avec deux trèfles. Votre adversaire relance
à nouveau : pourquoi pas, il peut avoir une overpaire. Vous
décidez de le caller à nouveau.
Le turn est une
carte quelconque, il relance logiquement et vous callez.
La river est
une Dame de trèfle. vous checkez et votre adversaire relance
de plus belle.
Qu'en
pensez-vous ? Un bluff est probable. L'arrivée de la dame de
trèfle complete à la fois un tirage quinte par
les deux bouts et le tirage couleur. Or, l'adversaire
montre encore de la force alors que cette scary-card devrait le mettre
sur ses gardes. Pourquoi a-t-il relancé cette
board devenue dangeurese à la river alors qu'il avait la
possibilité de voir le showdown gratuitement ? Avec la
totalité des mains sur lesquelles nous le placions au
départ, seul un AK de trèfle justifierait cette
action, mais aurait-il relancé au turn avec une telle main ?
Avec n'importe quelle autre main du panel de départ, il
aurait surement checké, par peur que vous ayiez
touché une couleur.
L'incohérence
de sa
relance par rapport à la nature de la river augmente
fortement
la probabilité d'un bluff total.
Utiliser les
mathématique avec la lecture des mains adverses
Parfois, vous
n'arrivez pas à placer précisément
votre adversaire sur une main mais vous parvenez tout de même
à l'imaginer sur un ensemble de mains. Dans ce genre de
situations, il est intéressant de se servir
des mathématiques pour prendre la décision
de suivre ou non.
Après
avoir placé votre adversaire sur un panel de mains, essayez
de déterminer la probabilité qu'il ait chacune
d'entre elles. Imaginons par exemple qu'un joueur au style
très serré vous relance préflop. Vous
le placez sur AA, KK ou AK. La probabilité d'obtenir AA est
de 0,45%, celle d'obtenir KK est aussi de 0,45%, et AK 1,2%. A partir
de là, vous pouvez déduire que votre adversaire a
environ 60% de chances d'avoir Ak et 40% de chances d'avoir soit AA,
soit KK.
Une fois le
calcul établit, vous n'avez plus qu'à calculer
les probabilités pour savoir si, sur la moyenne des mains
qu'il peut avoir, caller est une bonne idée.
Si vous avez
QQ, vous savez que vous êtes un léger favori
contre AK, c'est à dire dans 60% des cas, et que vous avez
un gros désavantage dans 40% des cas ( contre KK ou AA ).
QQ vs AK : 56%
de chances de gagner au showdown dans 60% des cas.
QQ vs KK ou AA
: 17,5% de chances de gagner au showdown dans 40% des cas.
56% x 60% +
17,5% x 40% = 0,336 + 0,07 = 0,406 = 40,6%
Vous avez 40%
de chances de gagner au showdown. Si par exemple votre tapis est de
20$, que vous avez relancé de 5$ et que votre adversaire
sur-relance à 20$, vous avez n'avez qu'à utiliser
le calcul pour prendre votre décision :
côte
du pot : pot de 25$, 15$ à ajouter = 25:15 = 20:12
côte
pour gagner : probabilité de 40% = côte de 60:40 =
côte de 18:12.
La
côte du pot est supérieure à votre
côte de gain, caller est rentable sur le long terme.
Inciter
au Bluff
La
capacité à inciter au bluff
est un indicateur du niveau d'expertise d'un joueur. Cela
témoigne d'une bonne maîtrise de différents
paramètres : la faculté à deviner que
l'adversaire a une main plus faible que la sienne ainsi que la
connaissance de son adversaire ( il faut estimer avec
précision la probabilité que le joueur tente un
bluff ). Inciter au bluff nécessite souvent
de slow-player pour faire croire à une
faiblesse. Dès lors, il est également
nécessaire d'être capable de calculer avec
précision le degré de dangereusité du
tableau pour estimer si donner une carte gratuite est trop
risqué.
Conseils pour
limiter les risques
Si inciter au
bluff est un bon moyen de rentabiliser certaines situations, un
certain nombre de conditions doivent être réunies
:
- Vous ne devez vous retrouver que
face à peu d'adversaires. D'une part parceque plus il y a de
joueurs, plus le risque que l'un d'entre eux améliore sa
main à la prochaine carte est grand. D'autre part parceque plus
le nombre de joueurs est élevé, moins vos
adversaires tenteront de bluffer.
- Ensuite, il faut que votre
adversaire soit capable de bluffer. Un adversaire passif avec un rhytme
de relance très faible ne risque pas de vous relancer. Par
contre, un joueur agressif pourrait s'y risquer.
- Le dernier conseil, sans doute le
plus important, est que le tableau ne doit pas
être dangereux et laisser un trop grand nombre
de possibilités d'améliorations. Si le flop est
le suivant : T J 7 avec deux coeurs, la turn risque fort de
compléter un tirage couleur, quinte, ou de donner une paire
à celui qui aurait deux overcards. Inciter au bluff avec une
paire de valet dans ce cas précis, en checkant, est trop
risqué.
Un autre atout
pour inciter au bluff
Il est des situations au poker ou, parfois, vous vous retrouvez "le cul
entre deux chaises". Particulièrement lorsque vous jouez une
main moyenne. Dès lors, inciter au bluff peut
vous aider à gagner de l'argent mais aussi à en
perdre moins.
Imaginons par
exemple que vous jouiez la main As et 4. Le flop arrive : As Valet
Deux. Votre adversaire check, vous misez et il vous call. Le turn est
une carte quelconque et votre adversaire check, mais vous
êtes quand même embarassé : aurait-il un
As ? Si oui, son kicker a de fortes chances d'être
supérieur au votre et vous auriez la main perdante. Cette
situation est idéale pour checker. Ainsi, vous
montrez une faiblesse et vous limitez votre investissement dans ce pot
risqué. Dès lors, à la
river, si votre adversaire mise et que vous le payez :
- soit vous
remportez le coup car il aura tenté de vous bluffer
après avoir remarqué votre faiblesse au turn.
Vous gagnez une mise supplémentaire car si vous aviez
relancé au turn, il se serait sûrement
couché.
- soit vous
perdez votre mise pour caller à la river - et
seulement cette mise - et économisez l'argent
que vous n'avez pas investi au turn. De plus, le fait de checker au
turn n'a pas fait grossir le pot et la mise de votre adversaire
à la river a de fortes chance d'être moins grosse
qu'elle ne l'aurait été.
Inciter un
adversaire à bluffer présente donc un double
avantage, celui de limiter les pertes avec une main
difficile à jouer et, en même temps, soutirer de
l'argent supplémentaire avec une main gagnante face
à un joueur qui n'aurait jamais suivi une relance.
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